Autour d'une photographie
Si de nombreux événements militaires et civils de la Seconde Guerre mondiale ont été largement couverts par les photographes professionnels et amateurs, il existe très peu de clichés authentiques pris durant la période clandestine de la Résistance française.
De par la nature secrète de leur activité et pour des questions évidentes de sécurité, les résistants ne souhaitaient pas s'encombrer de photographies qui auraient pu devenir autant de preuves compromettantes en cas d'arrestation.
Cependant, aussi rares soient-ils ces documents existent.Leurs origines sont très diverses. Il peut s'agir :
- de photographies représentant l'arrestation ou exécution de résistants récupérées sur des prisonniers allemands ou tirées en double par des photographes à qui ces travaux avaient été confiés ( voir dans cette rubrique l'historique de la célèbre photo dite du « fusillé souriant »)
- de clichés pris clandestinement par des photographes professionnels (voir ci-dessous la manifestation de Romans)
- de vues prises par des amateurs souvent résistants eux-mêmes
Le point commun de tous ces clichés aux origines et motivations si variées est leur rareté. D'où leur reprise dans de nombreuses publications, souvent assortie d'informations approximatives sur leur origine ou sur le sens de l'événement décrit...
Inversement au moment de la Libération les photographes professionnels (notamment ceux
des différents services photographiques des armées alliées) vont suivre le sillage des
unités combattantes et les reportages sur la Résistance vont se multiplier. Ils réaliseront,
par ailleurs, de nombreuses photographies de reconstitution pour combler l'absence
de document d'époque (impression et diffusion de la presse clandestine, sabotage de
voie ferrées ...).
Dans cette rubrique, nous tentons d'apporter le maximum de précisions sur ces clichés si précieux en faisant appel aux témoignages de leurs auteurs et des acteurs figurant sur ceux-ci, aux avis d'iconographes, mais aussi à tous les internautes dont les informations pourront compléter nos historiques.

© Musée d'histoire vivante à Montreuil
Hervé Guillemet et Vincent Simon
L'iconographie relative à la Libération de Paris et de sa région, fin août 1944, est particulièrement abondante. La majeure partie de celle-ci est cependant consacrée aux événements survenus dans la capitale. La libération des communes de la banlieue parisienne, moins connue, permet cependant d'approcher des situations locales très diverses. Ainsi en est-il de Montreuil, limitrophe de Paris, appartenant au vaste ...

Roger Lefèvre
Frantz MALASSIS
Dans l'article « Questions autour des traces photographiques de la commémoration du 11 novembre 1943 à Bourg-en-Bresse » (cf. La Lettre n°58 de septembre 2009, p. 9), nous avancions plusieurs hypothèses quant à l'origine et à l'usage des deux clichés très dissemblables décrivant cet événement et nous le concluions par un appel aux lecteurs. Appel qui n'est pas resté lettre morte ...

Roger Lefèvre
Frantz MALASSIS
Immédiatement après la défaite de 1940, en zone Occupée, parmi les toutes premières mesures édictées par l'occupant, figure l'interdiction de célébrer le 14 juillet 1940. Les nazis manifestèrent ainsi leur volonté d'anéantir toute référence à la Révolution française en s'attaquant à l'un de ses principaux symboles. Déjà en 1933, Joseph Goebbels écrit ...

Le général de Gaulle accompagné de Georges Bidault (à gauche) et Alexandre Parodi (à droite) descend les Champs-Elysées. A droite on aperçoit Georges Dukson.
Éric LAFON, conservateur au Musée de l’histoire vivante
Alors que les combats de la libération de Paris viennent tout juste de s'achever, le 25 août 1944 dans l'après midi le général de Gaulle, chef du Gouvernement provisoire de la République française (GPRF) rétablit la légalité républicaine et l'autorité de l'État. Cependant, il manque au nouveau pouvoir la légitimité populaire. C'est chose faite le lendemain, lorsqu'après avoir ...

Albert ORIOL-MALOIRE et Frantz MALASSIS
Ce célèbre cliché (1) , extrait d'un reportage sur le maquis de Boussoulet, a été réalisé en janvier-février 1944, par un photographe salarié (resté anonyme à ce jour) de l'agence Keystone. Il représente le groupe initial, originaire majoritairement de la Loire, autour de son instructeur l'aspirant Albert Oriol, devant la Maison de l'Assemblée (ancien lieu de culte des protestants) à Boussoulet ...

Elizabeth PASTWA
S'il existe plusieurs photographies représentant l'exécution de résistants français (1), celle dite du " fusillé souriant " reste la plus marquante et la plus connue et ce pour plusieurs raisons. L'attitude même du supplicié, bravant par son large sourire le peloton d'exécution allemand prêt à faire feu, renvoyait l'image d'une France héroïque préférant la mort à l'oppression nazie et, ne pouvait qu'émouvoir la France à la Libération. En outre, les circonstances de sa découverte et de sa diffusion ...

Christine LEVISSE-TOUZE
Tout le monde connaît le célèbre cliché de Jean Moulin le statufiant en archétype du soldat de l' " armée des ombres " coiffé de son feutre au bord rabattu pour rester incognito et échapper à toute poursuite. Pourtant elle date d'avant guerre! Tout aussi connues sont les photographies de Jean Moulin prises à Chartres en juillet 1940 dont l'une en " compagnie " du Feld Kommandant de Chartres. Ces clichés ...

Frantz MALASSIS
Très souvent reproduite dans de nombreux ouvrages consacrés à la Résistance, la photographie de cette jeune combattante prise à l'occasion de la venue du général de Gaulle à Chartres est devenue un symbole de l'engagement des femmes dans la Résistance (1) .Alors même que la participation des femmes à la lutte armée était très minoritaire, la très large diffusion de ce cliché va contribuer ...

Alain COUSTAURY
Le 16 février 1943, le Service du Travail Obligatoire est instauré en France. Rapidement des manifestations de protestation organisées par la Résistance vont avoir lieu (prise de parole dans les gares, obstruction des voies lors du départ des trains de requis...). Seule une de ces manifestations a fait l'objet de prise de vues, celle de Romans-sur-Isère. À la Libération, ces clichés largement diffusés vont devenir les symboles de la lutte de la Résistance contre le STO. Nous avons demandé à Alain ...

Photographie prise clandestinement par M. Roger Clapier
Frantz MALASSIS
Le 25 mars 1941, la Yougoslavie contrainte et forcée signe le pacte tripartite et rejoins l'Axe. Deux jours plus tard, un coup d'état militaire renverse la situation, le régent Paul est remplacé par le jeune Pierre II et le général Simovitch se voit confier le gouvernement favorable aux intérêts alliés. Le 28, dans tout le pays des manifestations hostiles aux Allemands et aux Italiens se multiplient. En signe de soutien au ...








