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Concours de la meilleure photographie d'un lieu de Mémoire

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Palmarès 2009-2010 - Photographies et commentaires

En 2010, 84 photographies ont été adressées au jury du Concours de la meilleure photographie d'un lieu de Mémoire qui au terme d’un examen attentif a décerné trois prix et une mention à l’occasion de cette douzième édition.

En 1998, le Concours de la meilleure photographie d’un lieu de Mémoire est né du constat que de nombreux candidats du Concours national de la Résistance et de la Déportation étaient amenés à prendre des photographies de lieux de Mémoire lors de visites préparatoires sans qu’elles soient systématiquement valorisées dans ce cadre.
L’idée de ce concours était donc d’offrir aux élèves la possibilité d’exprimer leur sensibilité aux aspects artistiques et architecturaux des lieux de Mémoire relatifs à la Résistance intérieure et extérieure, à l’internement et à la Déportation situés en France ou à l’étranger au travers de la technique photographique.

Depuis lors, les Fondations de la Résistance, pour la Mémoire de la Déportation et Charles de Gaulle organisent chaque année, après les résultats du Concours national de la Résistance et de la Déportation, le concours de la meilleure photographie d’un lieu de Mémoire.

Réuni le jeudi 25 novembre dernier au 30, boulevard des Invalides (Paris VIIe), le jury présidé, pour cette douzième édition, par François Archambault, secrétaire général de la Fondation de la Résistance et président de Mémoire et Espoirs de la Résistance, avait à choisir entre 84 photographies présentées par 63 candidats (1).

Au terme d’un examen minutieux des réalisations et de nombreux échanges entre les membres du jury (2), François Archambault a proclamé le palmarès du concours 2009-2010, tout en soulignant que la qualité artistique des œuvres reçues ne peut qu’inciter à promouvoir plus largement ce concours. À ce titre, il faut rappeler le soutien précieux apporté par l’Association des professeurs d’Histoire Géographie (APHG) et plus particulièrement celle de son secrétaire général adjoint Hubert Tison qui par le biais de la revue Historiens et Géographes, dont il est le rédacteur en chef, a diffusé auprès des enseignants du secondaire les informations concernant ce concours.

(1) Ce concours a concerné 52 collégiens et 11 lycéens (39 filles et 24 garçons) de 17 établissements scolaires (5 lycées, 2 lycées professionnels et 10 collèges).
Les 15 départements d’origine des travaux, dont on a fait figurer entre parenthèses le nombre de candidats pour chacun d’entre eux sont : Les Bouches-du-Rhône (4), le Doubs (3), l’Eure (5), la Loire (2), la Loire-Atlantique (9), la Marne (3), le Morbihan (4), la Moselle (3), le Nord (1), le Haut-Rhin (1), la Saône-et-Loire (3), la Haute-Savoie (1), Paris (2), le Var (20), la Seine-Saint-Denis (2).

(2) Les membres de ce jury sont : Aleth Briat, de l’Association des professeurs d’Histoire Géographie (APHG) ; Christine Levisse-Touzé, directeur du Mémorial du Maréchal Leclerc de Hauteclocque et de la Libération de Paris - Musée Jean Moulin ; François Archambault, président de MER, secrétaire général de la Fondation de la Résistance ; Marc Fineltin, administrateur de MER en charge de « memoresist.org »; Yves Lescure, directeur général de la Fondation pour la Mémoire de la Déportation ; Frantz Malassis, responsable archives et documentation à la Fondation de la Résistance ; Jacques Moalic, résistant-déporté ; Jacques Ostier, conseiller en illustration; Alain Plantey, ambassadeur, membre de l’Institut de France, membre du conseil d’administration de la Fondation Charles de Gaulle, Dany Tétot, de l’Association des Amis de la Fondation pour la Mémoire de la Déportation ; Vladimir Trouplin, conservateur du musée de l’Ordre de la Libération et le lauréat du concours précédent.

Les lieux de mémoire photographiés en 2009-2010

Sur l’ensemble des 84 photographies présentées cette année, 69 (soit 82%) ont été prises dans 9 départements français et 15 à l’étranger..

En France :

  • Bouches-du Rhône : Marseille (4).
  • Calvados : le cimetière allemand de La Cambe (8) ; le cimetière américain de Colleville-sur-Mer (13) ; la croix de Lorraine à Courseulles-sur-Mer (6) ; Gold Beach (1) ; Juno Beach (1) ; la pointe du Hoc (3).
  • Manche : Sainte-Mère-Église (2).
  • Marne : le monument aux morts d’Hermonville (2) ; le cimetière militaire de Loivre (2).
  • Meuse : la nécropole nationale de Douaumont (1).
  • Morbihan : monument en hommage aux résistants à Plourhan (1).
  • Bas-Rhin : le camp de concentration de Natzweiler-Struthof (23).
  • Paris : le mémorial de la Shoah (1).
  • Hauts-de-Seine : le Mémorial de la France combattante au Mont-Valérien (1).

À l'étranger :

  • Allemagne : les camps de concentration de Buchenwald (1), de Dachau (2), de Dora (1), de Ravensbrück (2).
  • Monténégro  : deux monuments à Bar (1) et à Kotor (1).
  • Pologne : le camp d’Auschwitz II-Birkenau (7).

Les chiffres entre parenthèses correspondent au nombre de photographies pour le lieu concerné.

Le premier prix a été décerné à Elodie ESTÈVE, élève de première au lycée Georges Clemenceau à Villemomble (Seine Saint Denis) pour sa photographie prise devant le four crématoire du camp de concentration de Dora (Allemagne).

Le cliché a été pris en noir et blanc pour, précise la candidate, « rejoindre l’idée du monument aux morts. On voit d’abord l’image de ces hommes, qui vont finir par s’en aller par la cheminée du crématorium, cela contraste avec la vie représentée par la flore abondante environnante. »

Cette élève avait accompagné cette création d’un texte traduisant son émotion.
« J’ai dû affronter leurs regards. Leurs yeux de pierre, vagabonds.
Figés dans l’ère du temps ils resteront là, et affronteront les regards d’autres, la tête haute.
Et nous, humbles contemporains, nous devrons faire face.
Fiers d’eux, ces héros, morts pour que nous puissions vivre libres aujourd’hui.
Ils ne mesuraient pas ce qu’ils représentaient. Nous ne réalisons pas la chance que nous avons.
Chaque être est unique. Le monde doit assumer ses actes.
Il nous faut vivre afin de prouver par notre existence la preuve absurde et abominablement optimiste de notre vie, de celle que nous transmettrons, pour la mémoire de ceux qui ne sont plus ».

 

Le deuxième prix est revenu à Marie LECERF, élève de terminale littéraire au lycée Arthur Rimbaud à Sin-le-Noble (Nord) pour son cliché pris à Auschwitz-Birkenau lors d’un voyage à Cracovie, à l’occasion du projet de jumelage Lambres-lez-Douai– Stary Sacz .

Une réflexion expliquant sa démarche créative était jointe :
« Aujourd’hui nous sommes en 2010 et il y a 6 857 565 906 personnes sur Terre.
Il y a soixante-cinq ans, la Terre pleurait cinquante-six millions de ses enfants. Nous étions 2,5 milliards à vivre sur Terre.
Aujourd’hui, le peuple juif se souvient.
Cette photographie émet un lien entre l’enfer des camps nazis et le lieu symbolique de l’Holocauste.
Ces rails, ce portail du camp d’extermination d’Auschwitz-Birkenau (II), laissés en noir et blanc, mettent en valeur la plaie encore ouverte.
Ces quelques noms ne sont que des grains de sable dans le désert de l’impensable.
La bougie, allégorie de l’espoir laissée en couleurs, représente le temps présent : celui de la mémoire et du pardon.
Alors que M. Noureddine Aba confiera :
“ Je hais tous les trains depuis Auschwitz. Je hais les paysages que leurs éclairs emportent avec, sans doute, toujours quelques poignées de cendres.”
Maintenant, il faut parler, se souvenir, au nom de ceux qui ont péri. »

 

Le troisième prix a été attribué à Cindy DEMANGE, élève de troisième au collège Arthur Rimbaud à Donges (Loire-Atlantique) pour sa photographie prise au camp du Struthof en Alsace.

Un commentaire expliquant son travail était joint :
« J’ai pris la potence en photo car elle représente pour moi beaucoup de tristesse et de souffrance, sur laquelle un certain nombre de personnes ont souffert et sont mortes. J’ai décidé de prendre cette photo en noir et blanc pour faire ressortir un peu plus la tristesse, de plus grâce au contraste nous nous projetons plus vers la période où des choses inimaginables se passaient.

Le 18 juin 1940, le général de Gaulle appelle les français à la résistance, par la suite les opposants politiques du nazisme se sont soulevés, cependant ils ont été arrêté par les SS pour payer les conséquences de leurs actes. Arrivé au camp du Struthof leur enfer commença : maltraitance, déshumanisation, mauvaises conditions de vie. Les résistants qui désobéissaient aux ordres étaient emmenés près de la potence où tout le camp y était rassemblé. Celui-ci était forcé de regarder le pendu agoniser pendant plusieurs dizaines de minutes. »

 

Une mention spéciale du jury a été décernée à Hugo QUINTANILLA, élève de troisième à l’Externat Saint-Joseph La Cordeille à Ollioulés (Var) pour sa photographie intitulée « Croix de Lorraine ».

Voici son texte d’accompagnement :

« Cette croix de Lorraine se situe sur la plage du débarquement en Normandie de Juno Beach, sur la commune de Courseulles sur Mer.
Elle est le symbole de la résistance intérieure en France et souligne la reconnaissance aux alliés lors de la plus grande opération militaire jamais entreprise. Juno Beach est l’une des 5 plages du débarquement. Celle-ci fut libérée rapidement par les Canadiens qui en profitèrent pour perforer en 48 heures les lignes allemandes. Ces dernières, dirigées par Wilhem Richter, comptaient 7 771 hommes et devaient affronter les 15 000 soldats du commandant Rodney Keller. Les alliés y accostèrent en dernier, à 07 heures 45. La première heure, les Canadiens comptent 50 % de perte, comme à Omaha, à cause du pilonnage naval et aérien peu efficace. Le soir, ils firent jonction avec les britanniques de Sword Beach.
Lors de la prise de cette photo, des nuages obscurcissaient le ciel. Une percée de soleil me permit de prendre la croix de façon à la mettre bien en valeur. Lorsqu’on l’observe, cela peut se traduire par une pensée très profonde en l’honneur aux milliers de morts pour la France.
Les nuages sombres évoquent l’occupation impitoyable et acharnée des nazis dans toute la France. Et cette lumière si particulière derrière la croix indique l’espoir de la victoire annonciatrice de la libération. »