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Concours de la meilleure photographie d'un lieu de Mémoire

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Palmarès du Concours de la meilleure photographie d'un lieu de Mémoire.

En 2012, 41 photographies ont été adressées au jury du Concours de la meilleure photographie d'un lieu de Mémoire qui au terme d'un examen attentif a décerné trois prix et deux mentions à l'occasion de cette quatorzième édition. 

En 1998, le Concours de la meilleure photographie d'un lieu de Mémoire est né du constat que de nombreux candidats du Concours national de la Résistance et de la Déportation étaient amenés à prendre des photographies de lieux de Mémoire lors de visites préparatoires sans qu'elles soient systématiquement valorisées dans ce cadre.

L'idée de ce concours était donc d'offrir aux élèves la possibilité d'exprimer leur sensibilité aux aspects artistiques et architecturaux des lieux de Mémoire relatifs à la Résistance intérieure et extérieure, à l'internement et à la Déportation situés en France ou à l'étranger au travers de la technique photographique.

Depuis lors, les Fondations de la Résistance, pour la Mémoire de la Déportation et Charles de Gaulle organisent chaque année, après les résultats du Concours national de la Résistance et de la Déportation, le concours de la meilleure photographie d'un lieu de Mémoire.

Réuni le lundi 19 novembre dernier au 30, boulevard des Invalides (Paris VIIe), le jury de cette quatorzième édition avait à choisir entre 41 photographies présentées par autant de candidats (1).

Cette année, encore, le jury a dû écarter un certains nombre de travaux qui n'étaient pas conformes au règlement Ainsi, une photographie envoyée par un collège de l'Isère n'a pas été examinée car elle n'était pas imprimée sur du papier photographique mais sur feuille ordinaire (cf. article 3 du règlement). Par ailleurs, neufs clichés adressés un lycée du Haut-Rhin ont subit le même sort car leurs auteurs ne les avaient pas accompagnés de commentaires personnels, ni de la fiche d'inscription comme le prévoit l'article 4 du règlement (2).

Au terme d'un examen minutieux des réalisations et de nombreux échanges entre les membres du jury (3), le palmarès du concours 2011-2012 a été proclamé.

Le jury a toutefois regretté la faible participation des élèves qui s'explique en grande partie par le fait que les réalisations présentées doivent être en lien avec le thème du Concours national de la Résistance et de la Déportation de l'année. Or, en 2011-2012, celui-ci étant « Résister dans les camps nazis », les candidats ont connu plus de difficulté à adresser au jury les clichés qui respectent cette condition. Néanmoins, le jury a souligné que la qualité artistique des œuvres reçues ne peut qu'inciter à promouvoir plus largement ce concours. À ce titre, il faut rappeler le soutien précieux apporté par l'Association des professeurs d'Histoire Géographie (APHG), qui par le biais de sa revue Historiens et Géographes, a diffusé auprès des enseignants du secondaire les informations concernant ce concours.

Frantz Malassis

 

(1) Ce concours a concerné 16 collégiens et 25 lycéens (29 filles et 12 garçons) de 8 établissements scolaires (4 lycées et 4 collèges).

Les 8 départements d'origine des travaux sont : l'Aisne (1), l'Hérault (1), l'Isère (3), les Landes (14), le Maine-et-Loire (1) le Haut-Rhin (9), le Var (1), la Seine-Saint-Denis (11).

(2) Précisons que le règlement du jury du Concours de la meilleure photographie d'un lieu de Mémoire sont consultables sur le site de la Fondation de la Résistance grâce au lien suivant : http://www.fondationresistance.org/pages/action_pedag/reglement_p.htm.

(3) Les membres de ce jury sont : Mmes Aleth Briat, de l'Association des professeurs d'Histoire Géographie (APHG) ; Christine Levisse-Touzé, directeur du musée du maréchal Leclerc de Hauteclocque et de la Libération de Paris - Musée Jean Moulin (ville de Paris) ;  Catherine Trouiller, rédactrice en chef de la revue Espoir représentant la Fondation Charles de Gaulle ; MM François Archambault, secrétaire général de la Fondation de la Résistance ; Serge Chupin, président de l'Association des Amis de la Fondation pour la Mémoire de la Déportation ; Marc Fineltin, administrateur de MER en charge de « memoresist.org »; Yves Lescure, directeur général de la Fondation pour la Mémoire de la Déportation ; Frantz Malassis, chef du département documentation et publications à la Fondation de la Résistance ; Jacques Moalic, résistant-déporté ; Jacques Ostier, conseiller en illustration; Vladimir Trouplin, conservateur du musée de l'Ordre de la Libération et le lauréat du concours 2010-2011.

Les lieux de mémoire photographiés en 2011-2012

Sur l'ensemble des 41 photographies présentées cette année, 10 (soit 24%) ont été prises dans 3 départements français et 31 à l'étranger (soit 76 %).

En France :

- Aisne : le monument en hommage aux résistants de la région soissonnaise place Mantoue à Soissons (1).

- Isère : la plaque commémorative de l'exécution de 9 maquisards le 24 juillet 1944 près de Miribel-Lanchâtre (1), le cimetière du pas de l'Aiguille (2)

- Bas-Rhin : le camp de concentration de Natzweiler-Struthof (6).

 

À l'étranger :

- Allemagne : le camp de concentration de Dachau (9), un photomontage réalisé à partir de deux clichés pris à Berlin (1): l'un de l'entrée du cimetière juif de la « Grosse Hamburger Strasse » et l'autre dans une école primaire du quartier juif « Bayerisches viertel », le musée juif à Berlin (1).

- Autriche : le camp de Mauthausen (18).

- Pologne : le camp d'Auschwitz II-Birkenau (2).

Les chiffres entre parenthèses correspondent au nombre de photographies pour le lieu concerné.

 

Le premier prix a été décerné à Joan NÉGRIER, élève de troisième au collège Louis Pasteur à Villemomble (Seine-Saint-Denis) pour sa photographie prise en mars 2012 lors d'une visite du camp de concentration du Struthof en Alsace dans le cadre de la préparation du Concours National de la Résistance et de la Déportation.

Ce lauréat a accompagné son œuvre de réflexions que lui inspira ce lieu.

« Il fait froid, le vent caresse les visages de ces innocents, ils marchent dans la boue, la tête baissée, vers la porte de l'enfer. Du haut de ses miradors, la faucheuse les observe et pointe sa hache sur eux. Ils sont comme du bétail enfermés dans une cage cernée de fils barbelés au milieu d'un désert semblable à un chaos.

Résister, ils réagissent à l'injustice, à la barbarie.

Résister, ils s'entraident entre eux.

Résister, ils gardent espoir pour bientôt voir revivre le printemps.

Résister, ils laissent leurs traces dans ses murs de malheur.

Résister, ils pensent à leurs familles, leurs amis perdus peut-être pour toujours.

Résister, ils se réfugient dans la prière, dans un réconfort pour revoir la lumière briller et les éclairer enfin.

Résister, ils sont restés des hommes dignes résistant pour la liberté, résistant pour sortir de ces portes de fer, résistant pour mettre fin à l'oppression.

Résister, telle est la chose qu'il faut apprendre pour la transmettre pour que ces portes de bois et de fer soient fermées à tout jamais afin que plus personne ne traverse cet enfer de malheur. »

 

Le deuxième prix est revenu à Roderick SOULARD, élève de troisième à l'externat Saint Joseph « La Cordeille » à Ollioules (Var) pour son œuvre de synthèse intitulée « Cortège de Mémoire » réalisée à partir de deux photographies prises à Berlin en avril 2012 à l'occasion d'un voyage scolaire.

Un commentaire présentant sa recherche créative était joint: « L'une est la photo d'une sculpture dédiée aux déportés, à l'entrée du cimetière juif de la «Grosse Hamburger Strasse». L'autre photo a été prise dans le quartier juif «Bayerisches Viertel », c'est celle d'un mur situé dans la cour d'une école primaire où figurent les noms d'anciens élèves morts pendant la Shoah. Ce travail a été réalisé par des élèves d'aujourd'hui. J'ai fusionné une partie de la première photo avec la deuxième grâce au logiciel « Photoshop».

Ces deux lieux de mémoire m'ont profondément touché. Les émotions qui se dégagent de ces sculptures sont tout d'abord une grande noirceur, une terrible souffrance mais également une grande dignité. Grâce aux noms écrits sur le mur je veux faire comprendre que ces victimes ne sont pas anonymes : elles avaient une identité, un nom, une famille, une vie ; comme nous tous.

Nous apercevons aussi à l'arrière plan un feuillage vert : la couleur de l'espérance. La blancheur sur le haut du mur renvoie la lumière du soleil, symbole de vie.

Je pense qu'il est important de se souvenir des atrocités commises contre nos semblables, de se battre pour qu'elles ne se renouvellent pas, et de garder ainsi l'espoir que le monde puisse devenir meilleur. »

 

Le troisième prix a été attribué à Sarah LAFOURCADE, élève de terminale L au lycée Victor Duruy à Mont-de-Marsan (Landes) pour sa photographie prise à l'entrée du camp de concentration de Mauthausen en mars 2012.

Voici son commentaire personnel :

« Dès que l'on passait les portes de ce camp, il fallait lutter pour s'en sortir !

Le camp de Mauthausen était un camp de concentration instauré par le régime nazi du Troisième Reich. Il se développa pour devenir l'un des plus grands camps de travail.

J'ai donc choisi de photographier son aspect extérieur et plus particulièrement son entrée imposante, pour rappeler l'enfermement et le désespoir que ce lieu dégage.

Au second plan, je me suis permise de rajouter une photo de gros barbelés marquant un lien entre l'horreur et la liberté... Je ne pourrais également que rappeler le côté blessant des barbelés qui accentuent la douleur et la souffrance que les détenus ont subi !

Dans ce lieu remplit d'histoire, la présence de la mort reste permanente (Exekutions-Stätte). »

 

Deux mentions spéciales du jury ont été décernées à :

- Juliette DUTAUT, élève de troisième au collège Marcel Cuynat à Monestier de Clermont (Isère) pour sa photographie prise au début du mois de juin « par une belle journée ensoleillée » au cimetière Pas de l'Aiguille dans le Vercors.

Voici la présentation de son travail:

« Dans une grotte à côté de ce monument, les 22, 23 et 24 juillet 1944, 23 maquisards du Vercors ont été cernés par des troupes allemandes bien plus nombreuses. Ils ont lutté pendant 36 heures ; 8 sont tombés mais 15 se sont échappé en dévalant les pentes du Vercors et ont survécu à leurs blessures.

J'ai voulu prendre ce monument parce qu'il se trouve en pleine nature et qu'il nous permet à chaque promenade de nous souvenir de ces résistants qui se sont sacrifié pour notre liberté. Quand je me balade en montagne, je me sens libre, et ce monument me touche car je me dis que c'est en partie grâce à ces hommes que je peux ressentir ce vent de liberté.

De plus, situé dans cette nature qui ne cesse de changer à travers les saisons, ce lieu nous prouve que même si du sang a coulé, la vie reprend le dessus et continue ... »

 

- Maria ABDULNAYEF, élève de troisième au collège Louis Pasteur à Villemomble (Seine-Saint-Denis) pour son cliché d'un échiquier fabriqué clandestinement par des déportés conservé au musée du camp de concentration de Dachau en mars 2012.

Ayant bien pris la mesure de l'importance de la résistance par l'esprit des déportés, cette candidate nous a fait parvenir un poème très inspiré traduisant son émotion.

Sur cet échiquier de bois

Construit de vos doigts douloureux

L'ordre noir se déploie

Les SS avancent à petit pas

Suivis des Tours et du Roi,

Les officiers et le Commandant du Camp

Ils s'emparent tour à tour de leurs proies

Eliminant les «nuisibles» de leur choix.

Mais les pièces de bois blanc

Unis par la Liberté et dans un même élan

Se révoltent et résistent

Elles veulent vivre et survivre

Elles se regroupent et font preuve de solidarité

Chaque instant est une lutte

Pour vaincre et crier

« Echec et Mat » à haute voix.