Rechercher dans le site :
ActualitsLettre d'informationContactPlan du siteSummaryMarquer cette page

Concours de la meilleure photographie d'un lieu de Mémoire de la Résistance et de la Déportation

Tous les palmarès

Palmarès 2004-2005 - Photographies et commentaires

Photo N°1

photo1

Le premier prix a été décerné à Claire RENAUD, élève de première scientifique du lycée Alfred Mézières de Longwy (Meurthe-et-Moselle), pour sa photographie, prise au Mémorial de la Shoah à Paris, intitulée « Le mur du souvenir ». Cette candidate l’avait accompagné des réflexions que lui inspira ce lieu :

«Une infinité de noms, de plus en plus petits, mais toujours là, toujours visibles et gravés dans la pierre, car jamais personne ne pourra les faire disparaître de quelques manières que ce soit, et trois bougies, symbole du souvenir qui ne doit pas s’éteindre. »

Photo N2

photo2

Le deuxième prix a été attribué à Julie BIZOUERNE, élève de troisième au collège Alphonse Daudet à Draveil (Essonne), pour son cliché « Un toit pour l’éternité » représentant une tombe du cimetière américain de Colleville-sur-Mer (Calvados).

Voici le texte traduisant son émotion :

« Il y a 60 ans, la Seconde Guerre mondiale, sans doute la plus meurtrière, s’achevait après des combats ô combien sanglants. Nous ne devons jamais oublier que des millions de soldats Alliés sont morts au cours de ces batailles et lors du débarquement en France. Nous ne devons jamais oublier aussi que des millions de victimes ont été exterminées dans les camps de concentration et d'extermination créés par la barbarie nazie : les juifs, les slaves, les tziganes... et que des millions de civils sont morts pour avoir voulu résister à l’occupation allemande. Grâce à eux tous, la France est désormais un pays libre qui se bat contre le racisme et l’antisémitisme afin que, partout dans le monde, de tels crimes ne se reproduisent pas. C’est pourquoi les anciens déportés et les anciens résistants nous racontent leur histoire, l'histoire de notre pays pour qu’à notre tour nous témoignions. Cette page noire de notre histoire ne doit pas sombrer dans l’oubli.

Cette photo a été prise au cimetière américain de Colleville-sur-Mer lors d’une sortie pédagogique avec notre classe. Lorsque j’ai pénétré dans ce lieu de recueillement, je me suis réellement rendu compte des conséquences dramatiques de la guerre : des morts par milliers. Ici reposent les corps de 9 387 soldats venus des Etats-Unis pour participer au débarquement de Normandie, le 6 juin 1944. Ils sont morts pour notre liberté.

Ces 9 387 croix blanches et étoiles de David se dressent à perte de vue sur des pelouses vertes parfaitement entretenues, surplombant la plage d'Omaha la sanglante où tant de GI ont perdu la vie, des GI à peine plus âgés que moi ! J'ai choisi de ne photographier qu’une tombe, celle d’un soldat de religion juive, venu en Europe, défendre son peuple. L’opposition entre cette unique tombe et les 10 millions de morts dans les camps de concentration me paraît très émouvante. C'est le combat de David contre Goliath, le combat des justes contre l’oppression nazie. Une amie et moi-même, avons joint nos mains juste au-dessus d'une branche de l’étoile de David. Nos mains représentent un toit et sont ainsi le symbole de la protection que nous devrions tous offrir aux opprimés. Nous ne devons pas tolérer que des peuples soient mis à l’écart pour leurs différences. Chaque être est en effet différent et c’est ce qui rend chaque personne précieuse. Pour éviter que de telles atrocités ne se reproduisent, nous devons accepter nos différences, sources de richesse. »

Photo N3

photo3

Le troisième prix est revenu à Audrey WENCLAWSKI, élève de troisième du collège George Sand à Avord (Cher), pour son cliché réalisé dans les ruines du village martyre d’Oradour-sur-Glane. Un commentaire expliquant sa démarche était joint :

« Cette photo m’a beaucoup touchée. Nous voyons un lit d’enfant rouillé, cassé pris dans les décombres du sol. Cela me fait penser à l’ignorance, les enfants ne conçoivent pas ce qu’est le danger. Voilà ce que m’inspire cette photo. Au premier plan, nous voyons des feuilles, peut être est-ce le signe que la vie continue malgré la souffrance et la guerre. »

Photo N4

photo4

Nelson MAUREL élève en première comptabilité du lycée professionnel François d’Assise de Bourail en Nouvelle Calédonie pour une photographie prise au cimetière néo-zélandais de Bourail, en Nouvelle Calédonie.

Voici son commentaire :

« Vous pouvez découvrir les deux rangées de tombes placées de chaque côté de l’allée qui descend en pente douce jusqu’à la croix derrière laquelle se trouvent les plaques commémoratives portant les noms des soldats dont les corps n’ont pu être retrouvés.

La fleur d’hibiscus au premier plan représente la beauté de nos îles, notre exotisme. L’alignement des tombes, la croix et les plaques commémoratives rappellent la guerre. Le ciel lumineux malgré symbolise notre peine face aux atrocités de la guerre mais aussi notre joie de connaître la paix. »

Photo N5

Fanny MORISSET, élève de troisième du collège George Sand à Avord (Cher) pour une photographie prise à Oradour-sur-Glane.

« J’ai choisi cette photo pour plusieurs raisons :

- Tout d’abord l’arbre au centre des ruines est pour moi une source de vie au milieu de la mort. Autour de cette arbre règne une atmosphère de destruction. En effet, on peut observer une bicyclette calcinée, juste sous l’arbre. Cette constatation nous amène à cette question : pourquoi, alors que l’incendie ravagea la ville, les arbres n’ont pas été touchés et demeurent toujours en vie ?

- Ensuite ce vieil arbre trapu représente pour moi la puissance ; j’ai l’impression de voir surgir de terre un point levé, essayant de s’étirer, de s’étendre, de grandir afin d’attraper le ciel blanc, symbole de paix et d’amour.

- J’ai décidé de garder la photo en noir et blanc pour insister sur la violence des actes qui ont été commis à Oradour sur Glane… »