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Une famille du refus mais toujours l'esprance. Recueil et rcits 1914-1918 et 1939-1945.


Jacqueline FLEURY-MARI
Edition Compte d'auteur, 2013, 194 pages

 

 

Lorsque les troupes allemandes envahissent la France en juin 1940, Jacqueline Marié n'a que 16 ans ; mais son héritage familial l'amène à refuser immédiatement la défaite et l'occupation.

Pendant la Grande Guerre, sa famille qui vivait dans le Soissonnais a subi un régime d'occupation allemande très dure, cette région restant dans la zone de front pendant toute la guerre. Son grand-père maternel a été arrêté dès septembre 1914 et déporté  dans camps allemands de Quiedlinburg  et de  Havelberg jusqu'en 1918. En 1914, sa mère a été internée quelques temps à la prison allemande de Rasdadt avant de gagner Nîmes, laissant derrière elle la maison familiale qui fut dévastée. Le père de Jacqueline, Désiré-Marcel Marié, sous-lieutenant dans le Génie a combattu en première ligne jusqu'en 1918 où il a été fait prisonnier avant de connaître  l' « exil » dans un Oflag.

Rapidement, en 1940, toute la famille Marié qui vit alors à Versailles, s'engage dans la Résistance. Son père entre à l'OCM  et au réseau de renseignement Mithridate. Sa mère accueille à son foyer des résistants. Son frère Pierre est membre du réseau  Mithridate dès 1941. Il fournit notamment au BCRA de Londres des relevés du terrain d'aviation allemand de Guyancourt et transmet des plans du mur de l'Atlantique (port de Cherbourg) qu'il a subtilisés au château de la Maye à Versailles. Jacqueline, quant à elle, agit au sein du mouvement Défense de la France dont elle assure le transport et la diffusion du journal éponyme à Versailles et ses alentours avant de devenir agent de liaison du réseau Mithridate.

Mais en 1944, la répression allemande s'abat sur cette famille résistante. Jacqueline et sa mère sont déportées à Ravensbrück le 15 août 1944 tandis que son père connaît l'enfer du camp de Buchenwald. Revenue de Déportation, sa jeunesse, sa force de caractère lui permettent de se reconstruire... mais aussi l'amitié et la solidarité de ses camarades réunies au sein de l'Association des Déportées et Internées de la Résistance dont elle deviendra plus tard  la dernière présidente nationale.

Dès  l'officialisation du Concours national de la Résistance et de la Déportation en 1961, né quelques années plus tôt de la volonté de ses camarades de la CNCVR, elle s'emploie à témoigner avec force de son expérience aux jeunes, leur transmettant ainsi  les valeurs civiques intemporelles qui sous tendaient son engagement.

Au-delà de son histoire familiale et de son propre parcours, Jacqueline Fleury évoque aussi dans ce livre le souvenir de ses camarades de l'ADIR, de ces « Voix et Visages » qui furent pour elle « de belles rencontres, jamais oubliées ».

 

Frantz Malassis