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Maxime BLOCQ-MASCART


(1894-1965)
Organisation civile et militaire (OCM)
Portrait de Maxime Blocq-Mascart le 9 juillet 1957.
Archives nationales/ Fonds Maxime Blocq-Mascart
Portrait de Maxime Blocq-Mascart le 9 juillet 1957.
Archives nationales/ Fonds Maxime Blocq-Mascart


Issu d'une famille juive chassée de Lorraine en 1870, Maxime Blocq (1) naît le 17 novembre 1894 à Paris. Orphelin très jeune, il a été adopté par son oncle Léon Mascart, officier de marine. Mobilisé dès le début de la Grande Guerre, il sert dans différentes unités (10e régiment du Génie, 13e régiment d'artillerie, 27e régiment de Dragons) avant d'être affecté en  mars 1917 dans l'aviation où il devient pilote au sein de l'escadrille 231. Au retour de la guerre, Maxime Blocq-Mascart poursuit ses études à l'École libre des Sciences politiques à Paris.

Après plusieurs stages dans des banques et des établissements industriels, il devient expert près la Chambre de Commerce de Paris puis prend la direction du Service d'études économiques d'un groupe industriel.

En 1925, il milite à la Confédération des travailleurs intellectuels (CTI) dont il est le vice-président à la veille de la guerre.

Dès l'été 1940, il refuse la défaite. De retour à Paris, il forme alors un premier noyau de résistance avec ses amis de la CTI. En décembre 1940, ce premier noyau fusionne avec celui de  Jacques Arthuys, pour donner naissance à l'Organisation civile et militaire (OCM) dont Blocq-Mascart, alias  Maxime prend la direction du bureau civil. Membre du comité directeur de l'OCM, Maxime Blocq-Mascart veut donner un programme politique au mouvement et prend part à l'élaboration d'un projet de réformes constitutionnelle et administrative pour la Libération. Dans plusieurs articles des Cahiers de l'OCM, il développera ses idées.

Durant l'année 1943, il adopte une attitude contrastée dans le processus d'unification de la Résistance. Le 26 mars 1943, il participe à la première réunion du Comité de coordination de zone Nord. En mai, il refuse de siéger au Conseil national de la Résistance (CNR) pour marquer l'hostilité de son mouvement à la présence en son sein des partis politiques. Jusqu'à la fin de l'année 1943, il ne cesse de critiquer les organismes créés par Jean Moulin. Cependant, il participe aux réunions du CNR, où il remplace Jacques-Henri Simon, et en devient le vice-président en juin 1944. Membre du bureau permanent du CNR, il représente les trois principaux mouvements de zone Nord (OCM, CDLL et CDLR). Entré dans la clandestinité en août 1943, Maxime Blocq-Mascart prend la direction de l'OCM à l'arrestation d'Alfred Touny, de février 1944 jusqu'à la Libération.

Après la Libération, il est membre de l'Assemblée consultative provisoire et devient  président fondateur du Parisien libéré qu'il dirige jusqu'en 1947. Voulant contribuer à la rénovation politique du pays, en 1945, il participe à la création de l'Union démocratique et socialiste de la Résistance (UDSR).

Ces fonctions ne lui font pas oublier pour autant ses camarades de Résistance. Il siège au sein des commissions de reconnaissance de la Résistance et s'occupe activement des familles de déportés au sein de de la Fédération nationale des centres d'entraide des internés et déportés politiques dont il est le président. En 1953, il est cofondateur de la Confédération nationale des combattants volontaires de la Résistance. Devenu administrateur de sociétés - il est président de la société Energie Electrique AEF de 1951 à 1953 -, il fait partie des cercles qui dans les années 1950, militent pour le retour du général de Gaulle au pouvoir. Membre du comité consultatif constitutionnel en 1958, conseiller d'État jusqu'en 1962, ce partisan de l'Algérie française quitte la mouvance gaulliste avant de décéder le 14 juillet 1965 à Saint-Cloud.

En 2015, à la suite de l'intervention de la « commission archives » Mme Nicole Maritch-Haviland, qui fut l'épouse de Maxime Blocq-Mascart, a donné aux Archives nationales(2) un fonds important d'archives qu'elle détenait de son mari.

Ces archives de Maxime Blocq-Mascart reflètent bien l'ensemble de sa riche personnalité, son rôle dans la Résistance, son activité syndicale et intellectuelle, son influence dans la vie politique et ses engagements associatifs liés à la Résistance. On trouve notamment  des lettres échangées pendant la guerre 1914-1918 avec son oncle Léon Mascart et  sa sœur qui est infirmière sur le front, une série de correspondances familiales des années 1930, ses manuscrits d'essais politiques mais aussi  de pièces de théâtre, des échanges épistolaires des années 1950  avec le général de Gaulle et Pierre de Bénouville, son témoignage recueilli en janvier 1947 par la Commission d'histoire de l'Occupation et de la Libération de la France corrigé de sa main, les textes de ses  allocutions  prononcées à la radio ou à lors d'inauguration de plaques, une revue de presse de ses articles publiés dans différents journaux dont le Parisien libéré... L'ensemble de ses papiers personnels est complété par les  archives concernant l'OCM  et plus particulière la « liquidation » du mouvement et la vie de l'amicale créée après la guerre. La richesse de ce fonds permettra de renouveler l'approche biographique de ce pionnier de la Résistance.

Frantz Malassis

 

(1)  Cette brève biographie de Maxime Blocq-Mascart doit beaucoup à l'article de Guillaume Piketty  paru dans le Dictionnaire historique de la Résistance. Résistance intérieure et France libre, dir. François Marcot avec Bruno Leroux et Christine Levisse-Touzé, Paris, Robert Laffont, 2006, p. 366-367.

(2)  Ce fonds de 0,60 mètre linéaire est désormais conservé sous les cotes 72 AJ 2909 à 2913.